Le secret des fontaines

Ici, chaque fontaine ou presque a un pouvoir et un rite rattachés ! Une fièvre persistante ? Foncez vers celle de Sainte-Pétronille à Ploudaniel. Des problèmes d’ouïe ou de vue ? Ruez-vous à la fontaine de Saint-Egarec à Kerlouan. Mal aux bronches ? Direction Saint-Sauveur à Kerlouan. Sans parler des super-pouvoirs de la fontaine de Notre-Dame du Folgoët qui guérit tous les maux. Les fontaines sacrées, la vraie pharmacie bretonne !

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Fontaines magiques

Le corps de garde de Meneham - © E. Berthier -TCDL
Fontaine Sainte Petronille à Ploudaniel © Danièle Nguyen Duc Long

Le territoire est riche de ses fontaines sacrées c’est-à-dire des fontaines saintes souvent situées près d’un sanctuaire. Très diverses par leur forme et par leurs vertus, elles sont dédiées à un saint à qui l’on prêtait des pouvoirs.


La guérison et la prédiction sont les deux principaux types de demandes formulées auprès de ces fontaines : maternité, maux divers, maladie sur les animaux, etc. Elles ont chacune un pouvoir spécifique. Une des rares à pouvoir guérir tous types de maux est la fontaine Notre-Dame du Folgoët.


Le rite associé à la demande peut être, lui aussi, très différent. On s’y baigne, on y dépose une offrande, on y mouille le vêtement porté par le malade, etc. Sans lien au départ avec le culte catholique, l’Eglise s’est rapidement attachée à les christianiser avec l’arrivée des saints entre le Vème et VIIème siècle. Les sources sont devenues fontaines puis, au fil des siècles, des chapelles et églises paroissiales ont surgi de terre à proximité. C’est à cette période là que les pouvoirs ont été associés à des saints qui établissaient leur ermitage près de la source.

 

Un culte ancien


Fontaine Saint-Sauveur à Kerlouan © Danièle Nguyen Duc Long
 

Le culte de l’eau est très ancien et fait partie des croyances héritées de la préhistoire. Les Celtes avaient une vie religieuse développée et les forêts et rivières étaient propices à communiquer avec les dieux. La ferveur auprès des fontaines non atténuée au fil des siècles, a tendance aujourd’hui à se perdre. Pourtant, il y a encore une soixantaine d’années, dans les souvenirs de nos parents et grands-parents on s’y rendait pour s’y badigeonner les yeux, la peau, les oreilles ou demander la guérison d’un être cher…


Les pratiques aux fontaines pouvaient se faire individuellement ou lors des pardons. Chaque fontaine avait son jour de pardon dans l’année et les pèlerins s’y rendaient en procession, accompagnés du prêtre de la paroisse. Il y plongeait alors une relique du saint afin de régénérer les pouvoirs de l’eau.


Ces croyances peuvent paraître dépassées de nos jours mais elles sont au cœur de notre histoire et de notre culture.

Rédigé par Nelly

Zoom sur la fontaine de Kernouës

Zoom sur la fontaine de Kernouës

Un enfant qui tarde à marcher inquiète et peut aussi s’avérer être un problème dans une vie rurale active. A une époque reculée, pas de trotteuse ni de matériel adapté mais on savait agiter les jambes potelées pourtant ! Lorsque rien n’y faisait, on se rendait à la chapelle Notre Dame de la Clarté à Kernouës. L’enfant était alors trempé dans la fontaine, suivait une roulade sur l’autel de la chapelle et le tour était joué ! L’enfant avait très vite trouvé de quelle façon avancer.


C’est en souvenir de cette légende attendrissante et dans le cadre des Ribin’ de l’Imaginaire que le studio COAT y a installé son oeuvre appelée «Statio».