Les couleurs d'hiver de la Côte des Légendes

Emmanuel Berthier, photographe et naturaliste, revient sur son reportage photo réalisé en hiver dernier sur la Côte des Légendes.

 

L'hiver sur la Côte des Légendes - un mélange doux et subtile

 

En février et mars 2019, Tourisme Côte des Légendes a donné pour mission au photographe Emmanuel Berthier de réaliser un reportage photo qui montre, en toute simplicité et honnêteté, la Côte des Légendes durant cette période méconnue des touristes et appréciée des locaux.

Nous lui avons demandé de revenir sur ce reportage pour connaître ce qui l'avait touché sur la Côte des Légendes en hiver et de nous raconter les histoires de six photographies qu'il a sélectionnées !

 

Entretien avec Emmanuel Berthier

 

► Sur quel secteur travailles-tu le plus souvent ?

Je travaille beaucoup en Bretagne, j’habite dans le Morbihan. Avant c’était le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et les Côtes-d’Armor... Mais j’ai une affection particulière pour la Côte des Légendes.

Sinon en dehors de la Bretagne, je voyage pour mon métier. J’aime bien les régions froides, donc je consacre une partie de l'année aux pays scandinaves. Puis, ponctuellement, j’ai d’autres missions de reportages photos qui m’amènent en fonction des clients.

 

► En parlant des pays scandinaves, retrouves-tu des éléments de ces derniers sur la Côte des Légendes ?

Oui, il y a l'ambiance qui me plaît dans les pays scandinaves. Ils ont de grands espaces où l’on respire vraiment. Ils ne sont pas très nombreux à occuper ces pays immenses qui sont composés de lacs et de bords de côte assez paisibles, où la nature a sa place. C’est sur ces points que je trouve des liens avec la Côte des Légendes. Quand j’arrive ici, je respire. Il n’y a pas de bouchons, juste cet horizon avec ses plages superbes et cette sensation de liberté.

Pour moi, il y a deux choses importantes, un climat qui n’est pas forcément facile et une douceur de vivre. Dans les pays scandinaves, ils ne font pas vraiment attention au temps qu’il fait. Ils sortent dehors car ils adorent sortir dehors. Il y a un proverbe norvégien qui dit: "il n’y a pas de mauvais temps, que des mauvaises tenues". Et ce dicton peut s’appliquer à la Côte des Légendes ! Même quand il y a de la tempête, même quand il fait gris ou quand il fait très chaud l’été… il suffit de s’habiller en fonction du temps qu’il fait, et là, on peut vraiment profiter de l’extérieur. Tu vois les enfants qui jouent sur la plage mouillée l’hiver et ça ne pose aucun problème ! Sur la Côte des Légendes il y a toute une vie à l’extérieur, il y a les petits papys pêcheurs… Les gens profitent d'être dehors quel que soit le temps.

 

► Au niveau des photos que tu as sélectionnées, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Alors, j’aime faire ressentir l’ambiance générale. Comme il y a moins de couleurs, j’essaye de faire des photos lisibles, qui dégagent une idée assez forte, mais tout en restant naturel. Je retouche très peu mes images. Je les développe parce qu’elles sont prises dans un format .raw, pour être technique, donc elles ont besoin d’un développement pour être conforme à la réalité. Les quelques effets, par exemple sur la photo du phare bleu avec la mer un peu floue, c’est à la prise de vue. C’est une pause longue de l’appareil photo qui enregistre le mouvement des vagues, ce n’est pas fait en post production.

 

► Tu as pris quel type d’appareil pour faire ce reportage ?

Comme beaucoup de professionnels, je travaille avec des reflex. Je fais avec la marque Nikon. Niveau objectif, grand angle, c'est du 14 mm au 500 mm, pour être précis.

 

► Que retiens-tu de ce reportage ?

C’était un plaisir de le faire ! L’hiver est une période moins dense pour la photo parce qu’il y a forcément moins de demandes, donc on prend plus son temps. On a le temps de trainer et de s’imprégner des ambiances et laisser les rencontres arriver. On sort des automatismes de l'été, qu’on essaye d’éviter au maximum.

C’est la lumière qui signe l’hiver, elle est plus rare qu’en été, ce qui la rend plus précieuse. Elle est aussi plus changeante.

On revient vite à l’étymologie du mot photographie, photo – la lumière, graphie – écrire, « écrire avec la lumière ».

 

6 photos → 6 histoires !

 

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Les spots incontournables pour lui !

 

  • "La baie de Goulven, que j’ai redécouverte. Je la connaissais plutôt pour l’ornithologie, on allait avec des copains observer les oiseaux. C’est un chouette site d’observation ! Et un site naturel qu’il faut respecter, ne pas trop faire de bruit, être discret. Ce sont des phases essentielles pour les oiseaux car à chaque envol ils dépensent de l’énergie, donc moins on les fait s’envoler plus ils ont de chance de survivre et de faire la migration au retour."

 

  • "La côte de Kerlouan à Plounéour-Brignogan-Plages, avec bien sûr le phare de Pontusval, mais aussi la photo où il y a la promeneuse, c’est bien après Kerlouan, entre Kerlouan et Guissény. Le long du littoral est magique avec ces rochers qui ont des formes particulières. Il ne faut pas hésiter à monter dessus pour avoir des perspectives. On peut commencer par les gros spots comme Pontusval et Meneham mais globalement toute la côte est riche. En longeant la côte, on découvre des trésors."

 

Emmanuel Berthier

Emmanuel Berthier

Naturaliste de formation avec un BTS Gestion et protection du milieu naturel, la photographie est venue petit à petit au cours de ses études. "Pris au virus de la photo", devenue une passion, au même titre que la nature, il a mêlé les deux dans son métier, en commençant par être photographe animalier, puis en élargissant au tourisme et aux paysages.

Il est photographe professionnel à temps plein depuis 10 ans.

"La nature est une passion d’enfance. J’habite à la campagne, je suis dehors depuis toujours et je me voyais mal travailler dans un bureau, il me fallait quelque chose à l’extérieur !"